« Nous aurions dû… », par Jean-Noël Matray

Par Jean-Noël Matray, secrétaire de Scènes d’enfance – ASSITEJ France

Nous n’avons pas fini d’égrener nos regrets par cette formule, face aux annulations, reports, mutilations de projets auxquels nous sommes contraints.
Nous n’avons pas fini de ressasser ce sentiment de frustration et d’injustice qui nous fait passer alternativement de l’abattement à la colère, au gré de décisions subies dont nous cherchons souvent en vain la cohérence.

Notre seul réconfort, c’est de ne pas nous sentir isolés dans nos tentatives de réinvention, de contournement, de résilience…

Alors, « nous aurions dû… » nous retrouver en novembre à Lille où nous nous réjouissions de rassembler les représentants des plateformes jeune public de tout le territoire pendant 2 journées. Vous l’avez compris, le rendez-vous n’aura pas lieu, même si nous ne renonçons pas à son organisation, plus tard dans la saison, à une période que nous ne pouvons bien entendu pas imaginer aujourd’hui.

Mais nous n’avons pas le droit de renoncer à tout, et surtout pas à la dynamique dont a fait preuve tout le secteur du jeune public, y compris pendant la première phase de confinement. La participation nombreuse aux « mardis en chantiers », le maintien de groupes de travail sur nos projets, nous montrent l’entêtement militant de tous à ne pas abandonner nos missions.

Nous avons décidé de maintenir un temps d’échanges le 26 novembre, enfermés dans nos « cases Zoom », mais libres d’esprit pour poursuivre les travaux qui nous tiennent à cœur. Bien sûr, nous ne pourrons retrouver l’effervescence joyeuse de nos rendez-vous physiques, et nous ne pourrons pas rester rivés 2 journées à nos écrans. C’est pourquoi nous avons dû repenser, avec l’aide précieuse de chacun de vous à partir de vos pratiques sur les territoires le 5 novembre dernier, les contenus de la rencontre que nous avons décidé d’organiser.
Les thématiques prioritaires se sont dégagées très clairement : gouvernance et coordination des plateformes ; solidarité / coopération ; articulation des différents réseaux existant sur les territoires ; circulation artistique.

Ces thématiques parlent d’elles-mêmes : il s’agit bien de réaffirmer notre souci d’être mieux structurés pour prendre toute notre place dans le Plan Art Enfance Jeunesse. Il s’agit aussi de prolonger l’élan de solidarité et de coopération né de la crise. Il s’agit enfin d’imaginer comment (re)donner de la visibilité aux créations et de favoriser leur circulation, alors qu’elles se retrouvent plus que jamais assignées à résidence.

19 novembre 2020
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