Par Nicolas Glayzon, membre du Conseil d’administration

En juillet dernier, aucun bruit n’est venu couvrir les chants des martinets de la Cour d’Honneur. Ni le Festival, encore moins les festivaliers, et surtout pas les trompettes de Maurice Jarre, qui accueillent depuis 2015 les enfants rassemblés autour du projet « Avignon enfants à l’honneur ».

J’y accompagne depuis la première édition un groupe d’enfants issus de différentes écoles de Cavaillon (84). C’est pour nous, et surtout pour eux et leurs enseignants, l’opportunité de poursuivre des parcours artistiques et culturels entamés durant l’année scolaire ; et plus encore de rassembler des enfants vivant des quotidiens si différents autour d’un même élan collectif : vivre ensemble le festival d’Avignon ! Avignon, ville si proche (25 km), mais déjà si éloignée d’eux, qu’ils découvrent souvent pour la première fois. Là, aux portes de leur quotidien, s’ouvre une fenêtre inexplorée vers le monde. Quatre journées intenses de rencontres avec les artistes et les autres enfants du séjour, où chacun se dévoile, à soi-même et aux autres, aiguise son regard, affine sa pensée.

Avec en ligne de mire, ce lieu qu’ils ne connaissent pas, mais dont ils mesurent la charge symbolique, par le respect et l’enthousiasme qu’elle inspire aux adultes, mais aussi ce drôle de C majuscule qui la rend tellement plus désirable que toutes les autres cours. La Cour d’honneur, et même la Cour tout court, pour les intimes.

Cette Cour, en ce mois de juillet 2021, va revêtir pour nous tous une charge émotionnelle toute particulière. A Cavaillon comme partout ailleurs, depuis 18 mois, les acteurs du jeune public dans leur ensemble ont témoigné d’une capacité d’adaptation sans limites, afin de se glisser dans ces fameux interstices laissés entrouverts, ici et là. Le lien entre la création et la jeunesse n’a ainsi jamais été rompu, et il faut souligner l’abnégation dont ont fait preuve enseignants, éducateurs, passeurs, pour maintenir, et souvent renforcer, nos relations, dans l’intérêt de la jeunesse. Aujourd’hui, il n’est plus question d’interstices, mais de rouvrir en grand nos portes, et d’élargir sans limites nos horizons communs. Avignon et la Cour seront comme les symboles de cet avenir qui s’éclaircie enfin.

Dans quelques semaines, les martinets ne seront plus seuls : 300 enfants reprendront joyeusement possession de la Cour, et de leur avenir.

Nicolas Glayzon, chargé de la jeunesse à La Garance – Scène nationale de Cavaillon
23 juin 2021
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