Par Florence Goguel

Le CA se réunit pour préparer les États Généraux du jeune public.
Dans la salle, un ballet s’organise…
Chacun vient apposer ses post-its sur un grand tableau. On organise les pensées des uns et des autres : engagements, revendications, revendications/engagements ? Tout ce qui est là sur le tableau résonne avec ma réalité d’artiste en compagnie jeune public. Le tableau se densifie, chacun contribue patiemment à la construction de la pensée collective.
Des grands thèmes apparaissent, l’espace, le temps, la production, le public, le temps, encore le temps… ça résonne.

Le Temps et les États Généraux

Cette année le 1er juin durera deux semaines… (Elasticité temporelle !)
Le temps de la création, laisser du temps au temps.
Laisser du temps au rien
Pour permettre à la nouveauté d’apparaître.
Le temps du Tour d’enfance : une fin ? Un début ?
Le temps de ces deux jours restreints, courts, quelle saveur donne-t-on à ce temps partagé ? Pour laisser montrer la nouveauté ?
Le temps de l’enfant, différent à chaque âge, différent de celui de l’adulte, différent aussi chez chaque adulte…
Le temps de la programmation, le temps de la planification…
Comment être ici et demain en même temps ?
Le temps du corps, le temps de la pensée dans le corps.
Le temps dans l’espace, le temps de s’ancrer dans un territoire…
Besoin de temps pour s’ancrer, besoin d’espace pour créer…
Besoin d’espace, dans le temps.
Nous avons besoin de temps.
De temps pour nous mettre au temps de l’enfant.
De temps pour nous mettre au tempo de l’enfant qui est en nous.
Pour contacter notre part enfantine, joueuse, chercheuse, sérieuse, créatrice…
Pour réinventer le monde en le laissant résonner dans notre intérieur.
Puis, transformé par ce temps de gestation, éclore au contact du public.
Besoin de temps avec le public. Besoin du temps de la maturation au contact du public. La seule façon pour qu’un spectacle soit prêt, c’est qu’il soit joué. Plusieurs fois, plusieurs mois… C’est ainsi que le spectacle peut vraiment se trouver, exister.
Joie du jeune public où l’on joue beaucoup, beaucoup plus qu’en spectacle “tout public”. Parce que petites jauges, parce qu’on soigne notre public comme nos propres enfants, nous, tous.
Privilège de l’art pour la jeunesse : on joue ! Beaucoup !
Et de jouer ainsi, nous rencontrons la vie. Belle et vive.

Florence Goguel
Musicienne et metteuse en scène, membre du Conseil d’administration

15 janvier 2019
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