Par les membres du Conseil d’administration

Artistes, responsables de structures culturelles, médiateurs et médiatrices, chargé.e.s de production, d’administration ou de diffusion, salarié.e.s d’organismes divers… nous consacrons l’essentiel de notre activité à la création jeune public et ses corollaires. L’enfance et la jeunesse sont au centre de nos préoccupations et nous rassemblent. Nous oeuvrons à l’épanouissement et à l’émancipation des plus jeunes par l’art, sa découverte, sa fréquentation, sa pratique.

Aujourd’hui, après bientôt deux années de crise sanitaire dans le monde et dans notre pays, nous sommes inquiet.e.s pour les enfants et les adolescent.e.s. Depuis deux ans, même s’iels sont peu gravement touché.e.s par la Covid-19, les plus jeunes souffrent, endurant les restrictions, consignes sanitaires et mesures d’isolement à des âges qui doivent être avant tout ceux de la sociabilité, du jeu, de la découverte et l’insouciance.

Le port du masque et les mesures de distanciation, sans doute nécessaires, ne sont pas sans incidence sur les apprentissages, la convivialité et les relations sociales, tout trois si cruciaux. De nombreux médecins, psychologues et autres spécialistes de la santé mentale ou de l’enfance relatent régulièrement les répercussions psychiques de la crise sanitaire et s’inquiètent de celles que l’on ne mesure pas encore.

Nous-mêmes portons une inquiétude similaire et mesurons l’état de déprime ou d’anxiété que la pandémie et les défis environnementaux créent chez les plus jeunes. Nous avons beaucoup travaillé à nous adresser à elles et eux malgré les confinements et selon les réglementations sanitaires, à les nourrir d’émotions, de poésie, de beauté, d’évasion, d’échappatoires aussi… Par-là, nos lieux et nos équipes ont continué aussi à lutter contre la malnutrition culturelle, dénoncée par Sophie Marinopoulos dans son rapport sur l’éveil culturel et artistique, et qui demande une mobilisation constante.

Aussi, aujourd’hui réuni.e.s au sein du conseil d’administration de l’association Scènes d’enfance – ASSITEJ France, nous voulons dire notre inquiétude et nos incompréhensions.

Pourquoi prôner le report des sorties scolaires dans des lieux culturels qui ont fait la preuve qu’ils ne sont pas des lieux de surcontamination, quand les plus jeunes ont tant besoin de partager des expériences sensibles ? Pourquoi leur imposer un passe qui prive les plus fragiles d’entre elles et eux de pratiques artistiques ou culturelles qui permettent de dépasser un quotidien étouffant et anxiogène ?

Nous affirmons que les savoirs dits fondamentaux ne sont pas les seuls à nourrir les enfants et à leur permettre de devenir des individus épanouis et des citoyens avertis. L’exercice de leurs droits culturels est primordial et la fréquentation de nos lieux et de nos propositions participent pleinement de celui-ci.

Il est temps de mettre l’enfance et la jeunesse au cœur de notre société, y compris dans la gestion de la crise sanitaire. Il est temps de reconnaître que l’art est essentiel, en ce que l’être humain ne s’accomplit pleinement que s’iel cultive son esprit, sa sensibilité, l’ouverture sur le monde les échanges et les rencontres.

Nous souhaitons donc une prompte affirmation de ces principes et leur vraie mise en œuvre, afin que l’enfance et la jeunesse, comme l’art et la culture trouvent enfin leur place dans l’élaboration de la société de demain. Nous invitons responsables politiques, administratifs ou associatifs, enseignant.e.s, éducateur.rice.s, parents, citoyen.ne.s… à nous rejoindre dans cette interpellation et cette mobilisation.

Les membres du conseil d’administration de Scènes d’enfance – ASSITEJ France

1 février 2022
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