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Cape Town, la ville-monde du jeune public

Du 16 au 27 mai, le festival “The craddle of creativity” (Le berceau de la créativité), accueille le 19ème congrès de l’ASSITEJ. La tenue du plus grand événement consacré au jeune public jamais organisé en Afrique dans les théâtres du centre ville et dans les townships du Cap revêt une portée symbolique exceptionnelle, à la mesure de la place des enfants dans les enjeux démographiques, politiques, et culturels difficiles qui sont ceux de l’Afrique tout entière, et de l’Afrique du Sud en particulier. Mais l’engagement de professionnels du jeune public du monde entier, à commencer par ceux de l’ASSITEJ Afrique du Sud, en fait aussi une manifestation porteuse d’espoir et de progrès.

Une organisation globale

Que ce soit à l’occasion de ses Rencontres artistiques, annuelles, ou bien dans le cadre plus formel de ses congrès, tous les trois ans, les rassemblements de l’ASSITEJ Internationale sont avant tout des lieux de croisement : la communauté mondiale du jeune public s’y réunit pour voir des œuvres, faire le point, proposer des pistes pour l’avenir. L’apport de toute la communauté, soutenue par l’association à travers le travail du Comité exécutif, des centres nationaux et des réseaux professionnels, permet d’y créer, l’espace de quelques jours, d’authentiques forums pour tous les professionnels du jeune public. A travers la multiplicité des spectacles, le nombre et la qualité des rencontres proposées, une large accessibilité à tous, une “bonne” rencontre se doit d’abord d’offrir de réelles possibilités d’échanges entre pairs, à l’image de l’ASSITEJ elle-même.

Car, depuis sa naissance, il y a plus de 50 ans, l’Association Internationale du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse a changé. A l’exigence strictement théâtrale des débuts, moderne et émancipatrice, mais clairement centrée sur un modèle classique, pour ne pas dire occidental, de la représentation (pas d’enfants au plateau, pas “d’arts vivants”, pas de danse, pas de bébés… et un fort penchant pour la sacralisation de la figure de l’artiste), a succédé, au rythme des révolutions politiques, esthétiques, et, par dessus tout, culturelles (la moindre n’étant pas le développement vertigineux des échanges permis par internet), l’idée d’une organisation plus ouverte. L’enjeu majeur, et, partant, l’objet essentiel des efforts des milliers de membres de l’ASSITEJ à travers le monde comme de ses instances, s’est progressivement orienté vers la question de la création artistique pour l’enfance dans son rapport à la démocratie. Et, en particulier, l’accès de tous les enfants, quels qu’ils soient, quelles que soient les conditions du spectacle, à la représentation symbolique, et au meilleur de la création. Que celle-ci soit portée par du théâtre, de la danse, du conte, de la marionnette, de l’objet, de la musique, du théâtre d’ombre, des revues, des installations avec ou sans vidéo… ou par toute autre forme à travers laquelle des artistes, dans une partie ou une autre du monde, choisiront d’engager leur corps et leur esprit dans la création, et s’adresser, en sa présence, à un public d’enfants ou d’adolescents.

La structuration de l’organisation elle-même, avec un comité exécutif collégial, éparpillé sur six continents, du Japon à l’Islande en passant par l’Australie et l’Argentine, la montée en puissance des réseaux thématiques (recherche, petite enfance, écritures, inclusivité), l’attention portée à la formation de communautés internationales de jeunes artistes (Next generation), et, en dernier lieu, la mise en place d’ateliers régionaux (Amérique du Sud, Afrique francophone), reflètent sa volonté de prendre en compte les réalités du jeune public telles qu’elles sont : multiples.

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“Nous voulons imposer que la richesse du théâtre et son pouvoir de changement dans la vie et l’éducation des enfants et des adolescents soient reconnus. Nous croyons que le congrès renforcera la prise de conscience et contribuera à des changements systémiques dans les lieux de culture et d’éducation, chez nous et ailleurs”.

Yvette Hardie, présidente de l’ASSITEJ Internationale et de l’ASSITEJ Afrique du Sud

Le congrès de la diversité

Dans ce contexte, la tenue, en Afrique du Sud, d’un congrès de l’ASSITEJ consacré à la diversité semblait presque évidente. La rencontre prend place entre le lieu même ou Nelson Mandela prononça son premier discours d’homme libre, le jour de sa libération, et les townships dans lesquels nombre de compagnies sud-africaines sont implantées. Elle répond au thème général “Un pas de plus – Le dialogue interculturel”, au terme d’un cycle de trois ans : “Un pas de plus – Le dialogue entre les générations”, “Un pas de plus – Les échanges interdisciplinaires”, développé à travers les rencontres artistiques de Berlin (2015) et de Birmingham (2016).

Seule une petite partie des 150 à 180 délégués attendus à l’assemblée générale de l’ASSITEJ vient du continent : peu de pays d’Afrique sont, à l’heure actuelle, en mesure de disposer d’une organisation nationale stable pour les artistes du jeune public. Mais il ne fait pas de doute que l’ampleur du festival, auquel 1 500 professionnels ont annoncé leur participation, la mobilisation des artistes, des structures culturelles, des différents supports publics et privés qu’elle a permis, sont de nature à relancer une dynamique dans la région.

L’ouverture du festival et du congrès a été précédée des deux jours de la Conférence de l’ITYARN (International Theatre for Young Audiences Research Network). Beaucoup de présentations et de compte – rendus de recherche qui y ont été présentés,  autour du thème “Etudier l’échange interculturel et la diversité dans le théâtre jeune public”, témoignent de l’importance donnée à la réflexion sur le partage et de la diversité dans la création pour le jeune public en conditions réelles. Logiquement, on y relève un intérêt croissant pour une prise en compte du contexte politique et social, tel qu’il est vécu par les enfants, comme le reflètent l’introduction de Ekua Ekumah (Ghana), “Le théâtre multidisciplinaire : réforme de l’éducation et tolérance culturelle au Ghana et ailleurs”, ou des études en prise directe avec l’actualité : “La migration qui parle : le théâtre avec les enfants et les jeunes en tant qu’échange interculturel”, “Dé/faire la différence dans le théâtre avec les jeunes réfugiés”, “Résistance, violence, citoyenneté : la politique et les esthétiques de la tragédie dans le spectacle jeunesse”.

Durant le festival, 64 spectacles sont programmés, dont les deux tiers viennent d’Afrique, ou sont les fruits de coopérations entre des équipes africaines et d’autres continents, souvent nées de rencontres advenues à l’occasion de précédents rassemblements de l’ASSITEJ. Les huit journées thématiques, “Le conte”, “Théâtre – éducation”, “Le théâtre pour le changement social”, “Le théâtre qui soigne”, “Le théâtre par les enfants, pour les enfants”, “Les arts inclusifs internationaux”, “La musique jeune public”, proposent plus de soixante rencontres sous forme d’ateliers, symposiums, open spaces, laboratoires participatifs, majoritairement animés par des artistes, et devenus une spécialité de l’association.

2019, le sens d’une candidature

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C’est devant les 150 délégués de l’Assemblée générale de l’ASSITEJ Internationale, que les représentant/e/s de Scènes d’enfance – ASSITEJ France et du Festival Petits et Grands présenteront leur candidature conjointe pour l’organisation des Rencontres Artistiques de l’ASSITEJ 2019. 

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Construire des histoires, une nouvelle étape

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Inauguré en novembre dernier, à l’occasion du Festival Africain du Théâtre pour l’Enfance et la Jeunesse (FATEJ, Yaoundé, Cameroun), le laboratoire d’écritures “Construire des histoires” va connaître sa seconde session dans le cadre du festival de Cape Town.

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Parmi les spectacles du festival

Zapato busca Sapato (Brésil - Mexique)
young@home (Afrique du Sud)
Whiteout, Barrowland  Ballet (UK)
The undergroud library (Afrique du Sud)
The tiger bay (Afrique du Sud)
Soro et le grain de maïs magique (France - La Réunion)
Pockets of knowledge (Afrique du Sud)
Phefumla (Afrique du Sud)
Patchwork (Afrique du Sud)
Ekhaya (Afrique du Sud)
Rite of spring (Hollande - Afrique du Sud)
Our house (Allemagne - Rwanda)
Full moon (Liban)
Fingers and toes, my body knows (Afrique du Sud)
Seedfolks (USA)
Obisike, It takes a lion heart (Allemagne - Nigeria)
Three monks (Chine)
Karoo Moose (Afrique du Sud)
No Fun ction alL anguage (Afrique du Sud)
Animal farm (Afrique du Sud)
Maloza - The mans club (Afrique du Sud)
Zick Zack Puff (Suisse)

La France au Congrès

Outre la compagnie La vie à pied (Ile de la Réunion) qui figure au programme du Festival avec “Soro et le grain de maïs magique”, une importante délégation française a fait le voyage de Cape Town.

Scènes d’enfance – ASSITEJ France est représentée à l’Assemblée Générale de l’ASSITEJ Internationale par ses trois délégués, Estelle Derquenne (Coordinatrice générale), Grégory Vandaële (Co-président), et François Fogel (Responsable international et communication), qui présente sa candidature pour un nouveau mandat au Comité exécutif.

Karin Serres participe également à l’Assemblée générale, où elle représente Write Local, Play Global, le réseau des écritures de l’ASSITEJ. Elle anime, avec Pascale Grillandini, l’atelier régional “Construire des histoires” (voir ci-dessous).

Nicolas Marc, directeur de Petits et Grands, se joindra à eux pour présenter au Congrès la candidature conjointe du festival et de l’association pour l’organisation à Nantes des Rencontres Artistiques de l’ASSITEJ 2019.

Enfin, 15 professionnel/e/s, artistes et responsables de lieux, participent au festival, dans le cadre, pour certain/e/s d’entre eux, d’un voyage de repérage organisé par l’ONDA.

L’Institut Français en Afrique du Sud s’est largement impliqué auprès de l’ASSITEJ Afrique du Sud, et dans l’appui à la présence française et francophone au Cap, comme la Direction des Affaires Culturelles de l’Océan Indien, pour la venue des artistes, des programmateur/rice/s et des participant/e/s réunionais/ses.

Une logique tardive

C’est la première fois que le Congrès de l’ASSITEJ va en Afrique. En 19 éditions, le Congrès de l’ASSITEJ  a eu lieu 13 fois en Europe (âge médian : 43 ans), deux fois en Amérique du Nord (au Canada, âge médian : 41 ans), deux fois en Australie (âge médian : 38 ans), une fois en Asie (en Corée du Sud : âge médian 40 ans), et une fois à Cuba (âge médian : 41 ans).

L’âge médian en Afrique du Sud est de 26,5 ans. Les moins de 15 ans représentent 30 % de la population totale, contre 16 % en Europe.

Publications

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Un corpus de près de 150 articles, résumant ou présentant les interventions scientifiques ou les retours d’expériences proposés au cours de la conférence de l’ITYARN, et des différentes journées thématiques du festival a été regroupé dans Le livre d’extraits. Chaque article inclut une présentation du sujet, un résumé, la biographie de l’intervenant, et des références bibliographiques (en anglais, 156 pages).

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Le Magazine 2017 de l’ASSITEJ Internationale rassemble des articles de 15 pays, autour du thème “Les échanges interculturels”, publiés dans leur langue originale et en anglais (68 pages)

Les deux ouvrages seront disponibles sur simple demande auprès de Scènes d’enfance – ASSITEJ France, à partir du 15 juin.